Menaces actuelle de sous marins ...12.09.2019

 

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13/09/2019
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Hommage à La Minerve !

 
On a retrouvé la Minerve ; engloutie dans les abysses, il n’a pas fallu plus de quelques jours pour qu’on la repère et qu’on la photographie de si près ; à croire qu’on savait depuis longtemps où elle reposait. Aussi, comme un scoop, le fait divers du moment, je ne vais pas relater, ici, les derniers événements dont tout le monde fait l’écho ; ma participation à la mémoire sera plus intérieure, plus intimiste…
Chaque fois que je prononce ou que je lis ce mot, je ne puis m’empêcher de faire le rapprochement avec ce fier vaisseau. D’ailleurs, j’ai toujours cru que c’était le nom de baptême du sous-marin avant d’être celui d’une déesse de la mythologie romaine.
Flashée, sortie du néant, quand j’ai vu les lettres de son nom marquées sur le kiosque défoncé, cela m’a fait une impression de retour en arrière, au pénible goût d’amertume ; comme des taches de jeunesse tenace, plein de souvenirs sont remontés à la surface…
Au tout début des années soixante-dix, dans la basse ville de Toulon, je me souviens du Sous-marin Bar. Contre un mur de l’estaminet était placardée la photo de la première page du Var Matin, avec les visages de tous les gars disparus dans la tragédie.
Pour tous rentrer dans le cliché, serrés les uns contre les autres, tout sourires dehors, ils avaient l’air heureux ; leur jovialité semblait contagieuse et rien n’aurait pu les dissuader de faire partie du fier équipage de la Minerve.
Dans la pénombre de la gargote, au jeu des ombres et des lumières, tous ces pauvres gars figés dans l’éternité, on aurait pu croire qu’ils s’amusaient encore. Au pesant silence du recueillement général, on pouvait entendre leurs rires, leurs exclamations et leurs accents de pays. Un ruban noir servait de cadre à ce triste poster d’outre-tombe et la légende de « La Minerve » posé dessus servait d’inscription. Curieux, devant la photo, on examinait les visages ; sur la liste, on lisait les patronymes à voix basse, certains d’y retrouver un nom connu croisé, ici ou là, dans l’arsenal, en ville, dans le train ou ailleurs…
Par contre, ceux qui buvaient sous la photo étaient nettement moins enjoués ; l’alcool aidant, les coudes serrés, ils étaient comme des chiens de garde rancuniers surveillant leur mausolée. Leurs mots étaient des murmures, leurs regards brillants étaient des défis permanents, leur prostration était contagieuse. Pourtant, pour l’un qui manquait de respect à leur sépulture improvisée, c’était aussitôt la bagarre ; pour l’autre qui ignorait tout du drame ou qui la jouait « Ben, c’est du passé », c’était le même tarif.
Selon leur rigoureux protocole en vigueur, il fallait cérémonieusement quitter sa bâche, boire sa bière en regardant le poster dans les yeux, puis rester tête basse, comme si l’on avait perdu quelqu’un de sa famille ; parce que la famille, chez les sous-mariniers, ce n’est pas un vain mot.
Dans ce jeune équipage, définitivement dans l’autre monde, pour l’un et pour l’autre de ces sous-mariniers attablés, il y avait naturellement un collègue de promotion, un bled, un bon copain, un avec qui on avait fait des patrouilles, avec qui on avait partagé un repas, une sortie, une bannette chaude, un café, un bout de pain. Les sous-mariniers ont des silences qui mesurent la profondeur de la mer et des secrets qu’ils ne partagent qu’entre eux…
Aussi, à cause de l’animosité flagrante, et pas vraiment à notre place devant cet autel des Disparus, nous n’étions pas restés longtemps ; je me souviens qu’après avoir poussé le rideau à rubans multicolores fanés de la porte de sortie, j’avais respiré un grand coup comme si j’avais quitté une apnée trop longue, laissé derrière moi un air irrespirable…
Nous, les « surfaciers », on ne peut pas comprendre ; malgré notre empathie, notre uniforme, nos spé. cousues sur le bras, on ne sait rien des contraintes abyssales, des problèmes de ballasts, de purges, de barres et de torpilles, des gorges sèches et des ventres noués. Chez eux, la pression est en dedans comme elle est sur chaque centimètre carré de la coque. Les bateaux noirs ont des évidences insondables qui échappent à notre entendement si flottant…
Cinquante ans, c’est un sacré bail pour tous mais dans le cœur des sous-mariniers, c’était hier, c’était tout à l’heure. Pour eux, ce fleuron de la mer et son équipage englouti, c’est comme une blessure profonde qui ne guérit pas ; il y a de l’amertume, de l’impuissance, du flou dans leurs yeux ; ils gardent et ils garderont toujours un contentieux avec le destin qui leur a volé des alter ego…
Aujourd’hui, nous avons vieilli, nous avons des cheveux blancs, nous avons acquis les rides de l’âge et un peu de la sagesse du temps ; eux, perpétuels, inconscients et beaux, ils resteront jeunes à jamais. La tragédie de la Minerve a immortalisé son équipage. Pères, oncles, fils, cousins, neveux, frères, éphémères jeunes fruits, ils sont figés sur leur arbre généalogique et leur branche est malheureusement si peu fleurie.
Faut-il remonter les dépouilles ou les laisser dans la pudeur silencieuse de leur sépulture de mer glacée et d’acier rouillé ?... Séparés, pourraient-ils seulement s’arranger d’une dalle de granit, de quelques fleurs séchées et de l’imparable oubli de leurs proches ?...
Détour indispensable, parce que l’âme des sous-mariniers ne meurt jamais, dans l’intimité des profondeurs, je sais les submersibles modernes qui passeront à l’aplomb de l’épave et qui salueront longuement leurs aînés comme seule la grande famille des frères d’armes sait le faire : avec pudeur et fraternité.
Tout au fond des océans, le cimetière de ces marins d’exception est si vaste ; bercés par les algues, visités par les poissons, fréquentés par quelques sirènes, Minerve elle-même, déesse de la sagesse, doit fréquenter les lieux de son naufrage. Entre nous, pendant l’éternité, le paradis de la mer vaut bien celui du ciel…
Pascal Dupont .
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Reçu a l'instant par mail de Mr Hervé Fauve (le 26 07 2019 a 22h30)

Bonjour,

Beaucoup d’entre vous reçoivent cette lettre pour la première fois. Je l’envoie en fonction des actualités relatives à la Minerve. Elle ne présente aucune régularité. Avec la découverte tant espérée de l’épave il est possible qu’elle devienne beaucoup plus rare.

Lorsque j’ai appris la nouvelle que l’épave de la Minerve, suite à l’appel de l’Amiral Prazuck, chef d’état-major de la Marine, qui m’en a informé officiellement lundi 22 aux alentours de 8h30, celui-ci m’a demandé de ne relayer cette information qu’en même temps que la Ministre des Armées, ou du moins peu de temps avant pour que les familles ne l’apprennent pas par les médias. Ce que j’ai fait, sans pouvoir éviter que certains ne l’apprennent par ces ces mêmes médias.

J’avais immédiatement préparé une lettre pour vous donner également quelques précisions sur cette découverte. Mais le déferlement soudain et ininterrompu des sollicitations médiatiques fut tel que cela devint matériellement impossible. Ce furent des dizaines d’appels de téléphone, de SMS, des centaines de mails.

Aujourd’hui le coup de feu médiatique est retombé.

Je tiens d’abord aujourd’hui à remercier tous ceux d’entre vous qui par leur soutien actif ou même discret ont permis d’arriver à ce résultat. Cela inclut les encouragements à poursuivre, les conseils, les indications de pistes à suivre, les aides, les documents, les souvenirs, les relais dans les médias, les mises en relation et enfin ceux qui ont directement travaillé sur ces recherches. Sans ceux-ci la Minerve reposerait encore aujourd’hui en un lieu inconnu.

Au sein même de la marine, la grande famille des sous-mariniers s’est mobilisée, de façon souvent discrète mais très efficace pour le souvenir et la mémoire de leurs frères d’arme. Ils ont convaincu la Ministre des Armées d’accepter de relancer les recherches et ensuite les ont préparées avec le résultat que l’on connait.

Je sais que l’ensemble des familles vous en sont tous reconnaissants.

Maintenant quelle va être la suite ?

Une cérémonie sera organisée pour les familles dans l’intimité à l’aplomb même de l’épave de la Minerve en septembre. Nous tenons à cette intimité car cette découverte de l’épave est pour nous profondément symbolique: les 52 marins ne sont plus disparus, nous savons enfin où ils reposent. L’annonce a ravivé le chagrin de nombre d’entre nous avec une acuité et une violence inattendue. Nous avons une pensée pour tous ceux qui nous ont quittés sans oser espérer que la Minerve soit un jour retrouvée.

Ensuite les photos de la Minerve posent de nouvelles questions quant aux causes de son naufrage. Depuis des années nous pensions que si elle était retrouvée, ce serait dans une position qui résulterait d’un enfoncement dans les abysses avec une orientation proche de la verticale. Il n’en est rien. Elle semble s’être abîmée horizontalement avant d’imploser. Elle repose en trois parties. La poupe et l’étrave sont distants de 300 m. Entre les deux la partie centrale est éparse en de multiples morceaux.

Ceux qui examinent les photos essaient de comprendre. Mais il est encore trop tôt pour en parler.

Enfin il y a plusieurs reportages documentaires en cours de réalisation. Ils seront diffusés à la radio ou à la télé. J’ignore à quelle date. Pour ma part je participe à l’écriture d’un livre pour relater l’histoire de la Minerve et ses conséquences depuis 1968.

Cordialement et encore merci à tous

Hervé Fauve

 
 
 
 
 
 
 

 


27/07/2019
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22.07.2019

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Communiqué de Hervé Fauve, ils ont retrouvé la Minerve, quel soulagement pour les familles ....

 

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22/07/2019
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20/07/2019
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Le miracle du Pacocha : un sous-marin ...

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04/07/2019
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